A propos Julien Maudoux

Webmestre du site de la SEMEN-L

Ve journée des jeunes chercheurs de la SEMEN-L

Nous avons le plaisir de vous communiquer en pièce jointe le programme
de la Journée d’études des Jeunes Chercheurs de la SEMEN-L qui se
déroulera à Nantes le vendredi 14 mars et regroupera des communications et des études à propos du médiolatin et du néo-latin.

Cliquez ici pour télécharger le programme.

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Version en texte clair :

Vendredi 14 mars 2025

Nantes Université, Campus Tertre – Château du Tertre (Salles 001.002.003), Ch. la Censive du Tertre – Nantes

  • Visio conférence : https://univ-nantes-zoom.us/j/82948595131

Présentation

PRÉSENTATION

Cette journée a pour vocation de rassembler les doctorants et jeunes docteurs adhérents de la Société d’études médio et néo-latines (SEMEN-L) pour leur offrir l’opportunité de présenter leurs travaux et d’en discuter avec d’autres spécialistes du latin du Moyen Âge et de la Renaissance.

Cette journée, organisée tous les deux ans, constitue l’un des temps forts de la Société des études médio et néo-latines.

Comité d’organisation

  • Déborah BOIJOUX, maître de conférences en langue et littérature latines Nantes Université, LAMO, PULSAR – Deborah.Boijoux at univ-nantes.fr
  • Alexia DEDIEU, post-doctorante ANR ReGreT, Aix Marseille Univ, CNRS, TDMAM dedieu ar univ-amu.fr
  • Anne MORVAN, ATER, Nantes Université, LAMO – Morvan at univ-nantes.fr

Programme

9h – 10h10 | Érudition et éditions de textes du XVIe siècle

Modération : Virginie LEROUX, EPHE, SAPRAT

  • Marc DIETRICH, CPGE, SAPRAT, Les paratextes du De missione legatorum Iaponensium (Macao, 1590) : des éléments éditoriaux, didactiques ou rhétoriques ?
  • Bruno DAVIDE, Université de Picardie Jules Verne, Université de Florence, TRAME, L’Apologia mulierum de Pompeo Colonna (1529) et sa tradition manuscrite : enjeux philologiques et d’histoire du texte.

10h20 – 11h30 |Horizons grecs

Modération : Alexia DEDIEU, Aix Marseille Univ, CNRS, TDMAM

  • Pierre-Olivier BEAULNES, Université de Genève, La traduction latine de l’Oneirocriticon du Pseudo-Achmet effectuée par Leo Tuscus en 1176 : édition et réception d’une clef des songes byzantine en Occident latin.
  • Petros FOKIANOS, EHESS, CNRS, Centre de recherches historiques (crh) Patria vt Graecus sacra non Pelasga Voce referrem.

11h45-13h05 | Voyages entre les langues

Modération : Jean-Yves TILLIETTE, Université de Genève, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres

  • Simon SMETS, Ludwig Boltzmann Institute for Neo-Latin Studies, Paraphrases de la poésie biblique en France.
  • Mia GUILLOT, Université de Rouen Normandie, CÉRÉdI, Traduire du français vers le néo-latin : analyse de la traduction de La Semaine de Christophe de Gamont par Jacqua-Françoise Pautrard.

14h-15h45 | Détours des topoï

Modération : Déborah BOIJOUX, Nantes Université, LAMO
Anne BOUSCHARAIN, CPGE, Centre Montaigne, UR Plurielles

  • Claire ABSIL, EPHE, SAPRAT, L’humanisme et les Alpes : la naissance d’une esthétique alpestre.
  • François MOTTAIS, Université Paris-Nanterre, École nationale des chartes – PSL, ArScAn, La Silua De triumphata Bassa Almeria Granata d’Alessandro Cortesi (1490) : présentation d’un travail en cours.
  • Violaine CHAUDOREILLE, Université de Rouen Normandie, CÉRÉdI, L’héritage ovidien dans les Amores siue Liuia d’Andrelini.

16h-17h10 | Les textes et la scène

Modération : Anne MORVAN, Nantes Université

  • Léa GARIGLIETTI, Université de Reims Champagne-Ardenne, CRIMEL, Coups de théâtre à la lecture du Theatrum veterum rhetorum (Louis de Cressolles, Paris, 1620).
  • Louisa LAJ, Université Grenoble Alpes, Litt&Arts, Prométhée à Strasbourg : usage pédagogique et artistique d’Eschyle en 1609.

 

Séminaire « Usages et exploitations des mémoires de l’Antiquité » ERC Agrelita

L’ERC Agrelita (dirigé par Prof. Catherine Gaullier-Bougassas et consacré à la réception et aux appropriations littéraires et artistiques de la Grèce ancienne par des auteurs non hellénistes entre 1320 et 1550) organise à l’université de Caen Normandie un cycle de séminaires dédiés aux « Usages et exploitations des mémoires de l’Antiquité », dont voici le programme :
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En texte clair :
Université de Caen Normandie

Centre Michel de Boüard – CRAHAM · UMR 6273
Centre de recherches archéologiques et historiques anciennes et médiévales

SÉMINAIRE ERC AGRELITA | 2024-2025
Responsable Catherine GAULLIER-BOUGASSAS

USAGES ET EXPLOITATIONS DES MÉMOIRES DE L’ANTIQUITÉ

7 fév. 2025 | 14 h – 16 h 30 | Campus 1 | MRSH · SH 027
Émilie POIRÉ (EPHE-PSL · UR Histara), D’Antioche à Fontainebleau. Les divinités chasseresses des Cynégétiques d’Oppien
Gautier AMIEL (Université de Rouen Normandie · UR CÉRÉdI), Des usages d’un nouvel Antéros renaissant. Le cas de la pharmacopée amoureuse de Jean Aubery

7 mar. 2025 | 10 h – 12 h 30 | Campus 1 | Amphi Vauquelin | Bât. N · SA 112
André DESCORPS-DECLÈRE (Unicaen · UMR Craham), Sélectionner, couper et mélanger ou la réécriture médiévale de quelques portraits d’empereurs romains païens dans le premier Moyen Âge (VIe-Xe siècles)

Massimo LUCARELLI (Unicaen · UR Laslar), « La continuelle lecture des choses antiques ». Sur quelques usages politiques des mémoires historiques de l’Antiquité grecque et romaine chez Machiavel

28 mar. 2025 | 10 h – 12 h 30 | Campus 1 | Amphi Vauquelin | Bât. N · SA 112
Marie-Agnès LUCAS-AVENEL (Unicaen · UMR Craham), Mémoire et usages des passés antiques dans l’historiographie italo-normande de la fin du XIe siècle
Gabriel de BRUYN (Unicaen · UR HisTeMé), La place des statues grecques dans l’espace urbain de Rome, du Haut-Empire à l’Antiquité tardive

16 mai 2025 | 14 h – 17 h 30 | Campus 1 | MRSH · SH 027 Aleksandr MUSIN (Unicaen · UMR Craham), «…Car les Grecs sont des menteurs jusqu’à nos jours ». Le destin médiéval de la Grèce antique en Europe orientale : usages et abus
Hélène AVERSENG (Université d’Angers · UR CIRPaLL), Le Mystère de la Destruction de Troie de Jacques Milet. Du mythe antique au théâtre médiéval
Yann CALVET (Unicaen · UR Laslar), La chute de l’empire américain. Le cinéma américain face à la question du déclin

Deux journées d’étude consacrées au même thème seront organisées les jeudi 12 et vendredi 13 juin 2025 à l’université de Caen Normandie.

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ERC Advanced Grant Agrelita · The Reception of Ancient Greece in Pre-modern French Literature and Illustrations of Manuscripts and Printed Books (1320-1550): how invented memories shaped the identity of European communities. This project has received funding from the Euro- pean Commission’s Horizon 2020 Research and Innovation programme under grant agreement No 101018777.

Le Banquet de Phinée, in pseudo-Oppien, Cynégétiques, 1554, Paris, BnF, Grec 2736, fol. 33r.

La localisation de la Scythie au temps d’Hérodote (1726). Les travaux d’un humaniste prussien et leur impact sur les maîtres de la Russie par G. S. Bayer, texte établi, traduit et commenté par Sylvie Peyrefiche

Nous relayons la parution d’un nouvel ouvrage dans la collection Chartae Neolatinae aux éditions Chemins de tr@verse : La localisation de la Scythie au temps d’Hérodote (1726). Les travaux d’un humaniste prussien et leur impact sur les maîtres de la Russie par G. S. Bayer, texte établi, traduit et commenté par Sylvie Peyrefiche.

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Au début du Siècle des Lumières, un philologue prussien, invité par Pierre le Grand à Saint-Pétersbourg, publie dans la revue de l’Académie des Sciences nouvellement créée, un Commentaire où il redessine l’ancien territoire des Scythes. Partant d’un texte d’Hérodote, l’auteur du De Scythiae situ, G.S. Bayer, révèle à ses lecteurs quels furent les antiques colons d’un espace correspondant à la partie méridionale de l’empire tsariste et à ses marges steppiques. Un éclairage historique et géographique propre à inscrire dans l’imaginaire des Russes une mémoire des Scythes, et à conforter dans le même temps une volonté d’appropriation territoriale…

Lien vers le site de la collection : https://sites.google.com/chemins-de-traverse.fr/universitaire/accueil/chartae-neolatinae

L’Antiquité selon Guillaume Budé – À l’école d’un humaniste érudit

Nous signalons la parution d’un ouvrage de Romain Menini et Luigi-Alberto Sanchi, L’Antiquité selon Guillaume Budé. À l’école d’un humaniste érudit, le 15 janvier 2025, aux Belles Lettres dans la collection « Essais ».

Cliquez sur ce lien pour lire la présentation sur le site de la maison d’édition : https://www.lesbelleslettres.com/livre/9782251456584/l-antiquite-selon-guillaume-bude.

Parmi les géants de son temps, Guillaume Budé tient une place à part. Il est assurément le plus singulier des lettrés français de la première Renaissance. Contemporain d’Érasme et de Thomas More, il posa comme nul autre avant lui – mais aussi après lui, peut-être – la question des humanités en France, ainsi que les bases d’une réflexion nationale en la matière. Parallèlement à son rôle dans la politique culturelle du royaume, ses ouvrages montraient la voie encyclopédique d’études qui n’entendaient laisser de côté aucun domaine de la connaissance antiquaire : philologie du Digeste, patristique, lexicologie du grec ancien, érudition numismatique, histoire économique. Autant de domaines qui, de nos jours, n’apparaissent plus guère dans un cursus de lettres classiques, voire d’histoire ancienne. Or les recherches savantes auxquelles Budé s’adonna tout au long de sa vie ne sauraient être comprises, dans leur portée et dans leur signification, qu’en étant replacées dans le contexte qui fut le leur. Sans cet effort historique – lequel était déjà au fondement de la démarche même de Budé face à l’Antiquité –, nous risquons de nous heurter à un monde incompréhensible. Ainsi sonnait déjà la leçon des écrivains de la « Renaissance » : c’est en tentant de comprendre de l’intérieur les civilisations révolues, dans toute la diversité de leurs préoccupations – et quitte à mesurer ce qui nous en sépare –, que nous en pourrons tirer les enseignements les plus utiles à notre temps.

TABLE DES MATIERES

Avant-propos
Qui était Guillaume Budé ?

Budé, géant héroïque des lettres françaises
Quelques éléments de biographie

Saisir Protée : contours de l’encyclopédie budéenne
Au filtre de la manière budéenne
Une érudition de grand style
L’invention d’un nouveau genre d’écriture
Inventer l’« encyclopédie » : cercle et périphrases
Saisir Protée : inattingible, l’Antiquité ?
Quel « discours de la méthode » ?
Une périodisation d’humaniste
Le premier millénaire avant notre ère : convergence des histoires sainte et classique
De l’Antiquité classique à la fin de la civilisation antique
Trois massifs philologiques
Annotationes in Pandectas
De Asse
Commentarii linguæ græcæ
Dans l’atelier de l’humaniste : Budé parmi ses livres
Budé correcteur de lui-même
Notes, fiches et carnets
Livres annotés
La bibliothèque de Budé
Un exemple : Démosthène manuscrit et imprimé
Les nouveautés de la librairie aldine
Livres prêtés, livres empruntés : le réseau budéen

Le philologue au travail : chemins de la recherche érudite

Droit romain, morale et anthropologie
Le droit chez les éléphants et les bêtes sauvages
L’épineuse question de l’équité
Des centumvirs à la Vulgate : Budé et la Bible
De l’entéléchie (Aristote) à la loi d’Adrastée (Platon)

Un point de départ : la doxographie du pseudo-Plutarque
Le De Asse et la ψυχή selon Aristote et Cicéron
Cicéron et Politien au pilori
Le corpus aristotélicien et ses commentateurs
Platon, inadmissible païen ou sage préchrétien ?
La loi Adrastia
Fortune, hasard, nécessité, liberté
Philosophie e(s)t Éloquence
La fabuleuse histoire du million de sesterces
En premier lieu, constater le problème et son étendue
Ensuite, échafauder la démonstration résolutive
Enfin, montrer les avantages scientifiques de la solution obtenue
Deux ouvrages pour deux publics
Défense et illustration de la langue grecque
Une constante : l’apologie pour une « langue géniale »
Suite du panégyrique… en français
Le lexique grec, corne d’abondance
L’étude du grec, rempart nécessaire contre le purisme
Dithyrambe pour Philoponie
L’ascèse et l’exégèse : Budé lecteur des Pères grecs
Les Pères cappadociens, figures tutélaires
Vie solitaire, sodalités spirituelles
Ascèse de la philologie, philologie de l’ascèse
« Denys le Grand » : le rayonnement et l’énigme
Sur la foi de l’apocryphe : le sublime du pseudo-Denys

Guillaume Budé, bâtisseur de la modernité française

Budé en son temps, Budé pour notre temps
Du « tonneau » de Diogène….
… à l’Hercule gaulois
Le Gymnase de Marseille, puis le Collège de France
Une nouvelle école française d’érudition
Un héritage aux contours extensibles
L’inventeur de la monographie savante ?

Ouverture : L’Antiquité selon Budé est-elle l’avenir des études anciennes ?
Notes
Aperçu de la bibliothèque de Guillaume Budé
Tableau chronologique des œuvres de Guillaume Budé
Bibliographie
Index nominum

Poésie et politique dans les mondes nordiques et normands médiévaux (IXe-XIIIe siècle), A. Gautier, M.-A. Lucas-Avenel, L. Mathey-Maille (dir.), Caen, PUC, 2024

La Société est heureuse de vous informer de la parution de Poésie et politique dans les mondes nordiques et normands médiévaux (IXe-XIIIe siècle), A. Gautier, M.-A. Lucas-Avenel, L. Mathey-Maille (dir.), Caen, PUC, 2024.

Lien vers la présentation de l’ouvrage sur le site des Presses Universitaires de Caen

Le volume réunit les actes du colloque qui s’est tenu à Cerisy-la-Salle du 29 septembre au 3 octobre 2021. Les rapports entre poésie et politique ont été interrogés par des historiens et des spécialistes des littératures latines et vernaculaires des mondes nordiques et normands du IXe au XIIIe siècle. Les poèmes étudiés ont été composés dans différentes langues parlées sur un vaste territoire, celui des diasporas vikings et normandes, qui va de l’Islande à la Scandinavie, aux îles Britanniques, à la Normandie et jusqu’à l’Italie méridionale. Les contributions sont rassemblées autour de trois thématiques, le pouvoir et les armes, le pouvoir et les dieux, le pouvoir et les lettres. Elles étudient la manière dont la poésie s’inspire d’un contexte politique particulier ou l’éclaire, peut véhiculer des valeurs ou promouvoir une idéologie au service du pouvoir et, par un effet de réciprocité, comment les rapports du pouvoir fournissent l’occasion ou le prétexte de la composition poétique.

Sommaire


Introduction 
Alban GAUTIER, Marie-Agnès LUCAS-AVENEL et Laurence MATHEY-MAILLE :  Le pouvoir et les vers. Le politique à l’épreuve de la poétique.

Partie I : Le pouvoir et les armes

Victor BARABINO : Les « rois scaldes » : la formation militaire des souverains dans la poésie scaldique des Xe-XIIIe siècles.

Alban GAUTIER : Combattre et commander. Le roi et ses guerriers dans la poésie vernaculaire du long Xe siècle.

Simon LEBOUTEILLER, Sigvatr Þórðarson : le « poète-diplomate ». Les scaldes comme messagers, intermédiaires et négociateurs dans la Scandinavie médiévale.

Jean-Louis PARMENTIER : Conquêtes, invasions, violences : quels discours sur le traitement des captifs dans la poésie latine (IXe-XIe siècle) ?

Caitlin ELLIS : The Politics of Poetic Preservation. Norse and Norman French in Ireland, Scotland and the Isles.

Stéphane LAÎNÉ : Les enjeux de la bataille de Valesdunes.

Partie II : Le pouvoir et les dieux

Bianca PATRIA, The Border of Heathendom : Poetics of Paganism at the Court of Hlaðir.

Mikael MALES, Early Eddic Poetry (c. 850-1000) : The Other Type of Pagan Court Poetry ?

Laura VANGONE : La poésie hagiographique dans le duché de Normandie, sur quelques vers de deux Vitae dans le contexte de la réforme.

Marie-Agnès LUCAS-AVENEL : Les satires socio-politiques de Serlon de Bayeux contre les moines de Caen (An satira censes plus tela nocere vel enses ?).

Baptiste LAÏD : Du tirant empereur au roi chrétien : le pouvoir royal comme autorité religieuse dans Barlaam et Josaphat et Les Sept Dormants du poète anglo-normand Chardri (XIIe siècle).

Partie III : Le pouvoir et les lettres

Françoise LAURENT et Laurence MATHEY-MAILLE : Poésie et politique dans le prosimetrum de Dudon de Saint-Quentin.

Philippa BYRNE : Poetry, Dialogue, and the Trivium in Norman Sicily.

Roberto ANGELINI : Le poème « Vix loquar aut scribo, vix lingua manusque laborant »

Ingvil Brügger BUDAL, Ásdis Rósa Magnúsdóttir et Hélène TÉTREL : Le fait poétique à l’épreuve de la traduction, l’exemple des sagas de chevaliers.

Conclusion 
Pierre BAUDUIN : Nusquam de traditore bona cantio cantata est

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François Mottais, Éloges de Matthias Corvin, roi de Hongrie, en guerrier (Laudes bellicae d’Alessandro Cortesi, suivies de deux épigrammes de Girolamo Balbi). Introduction, édition et traduction, éd. Chemins de tr@verse, coll. Chartae neolatinae, 2024

François Mottais, Éloges de Matthias Corvin, roi de Hongrie, en guerrier (Laudes bellicae d’Alessandro Cortesi, suivies de deux épigrammes de Girolamo Balbi). Introduction, édition et traduction, éd. Chemins de tr@verse, coll. Chartae neolatinae, 2024, 152 p.

Cet ouvrage propose une édition et une introduction d’un groupe de poèmes néo-latins composés pour célébrer la gloire militaire de Matthias Corvin, roi de Hongrie (1458-1490). Le premier, composé par un humaniste italien proche de la papauté, Alessandro Cortesi, s’étend sur près de 1200 hexamètres d’une facture très classique et retrace les principaux faits d’armes de Matthias Corvin : lutte contre les Hussites, contre les Turcs et contre le Saint-Empire. Les deux autres poèmes, bien plus brefs, sont le fait de Girolamo Balbi, humaniste itinérant qui a parcouru presque toute l’Europe au cours de sa longue carrière. La première épigramme, dédiée à Matthias Corvin, s’apparente à une récriture miniaturisée de l’œuvre de Cortesi. Ce procédé est tout aussi net dans la seconde épigramme, Balbi ayant pratiqué l’auto-plagiat pour composer un nouveau poème à la gloire d’un destinataire différent, Maximilien de Habsbourg. Le rapprochement de ces trois œuvres éclaire les pratiques d’écriture des humanistes de la fin du XVe siècle, fondée sur une imitation libre d’une multitude d’auteurs classiques, mais aussi sur la reprise d’œuvres poétiques contemporaines.

 Cette recension a été publiée dans le Bulletin de liaison n°22 (2024) de la SEMEN-L (p. 48).

Albert le Grand, Les animaux, livre XXIV, Les poissons : texte annoté, traduit et commenté par B. Gauvin

Albert le Grand, Les animaux, livre XXIV, Les poissons : texte annoté, traduit et commenté par B. Gauvin (https://ichtya.unicaen.fr/lab/bibliotheque/sommaire/AM_lat.html                                                                                                                                    et https://ichtya.unicaen.fr/lab/bibliotheque/sommaire/AM_fr.html )

La bibliothèque numérique Ichtya donne à lire les grands textes latins d’ichtyologie, parfois accompagnés d’une traduction originale. Après avoir accueilli en 2023 les livres VI et VII du Liber de naturis rerum de Thomas de Cantimpré, annotés, commentés et traduits par B. Gauvin, C. Jacquemard et M-A. Lucas- Avenel, elle a accueilli cette année une autre publication médiévale majeure, le livre XXIV du De animalibus d’Albert le Grand. En 139 chapitres, Albert le Grand revisite la matière fournie par Thomas de Cantimpré en lui ajoutant nombre de considérations touchant spécifiquement l’Allemagne. Il est intéressant de voir aussi comment Albert le Grand introduit la primauté de l’observation personnelle, notamment dans son célèbre chapitre sur les baleines. Comme tous les textes publiés dans la bibliothèque numérique Ichtya, le texte latin du De aquaticis comporte l’identification des sources textuelles et celle des espèces citées avec renvoi au thesaurus ; il est accompagné d’une traduction française commentée.

 Cette recension a été publiée dans le Bulletin de liaison n°22 (2024) de la SEMEN-L (p. 48).

Jean-Yves Tilliette, Littérature latine du Moyen Âge. Les jeux d’une langue poétique, Paris, éditions Honoré Champion, coll. Essais sur le Moyen Âge (n° 79), 2024

Jean-Yves Tilliette, Littérature latine du Moyen Âge. Les jeux d’une langue poétique, Paris, éditions Honoré Champion, coll. Essais sur le Moyen Âge (n° 79), 2024, 358 p.

Les seize études recueillies dans ce volume entreprennent d’explorer certaines des contrées qui composent un continent aujourd’hui oublié de notre ancienne littérature : la poésie latine du Moyen Âge. Elles entendent le faire en adoptant le point de vue de la critique littéraire tout autant que celui de l’analyse philologique et historique. Car la langue savante ne s’est pas alors cantonnée aux usages de la pratique documentaire et de la philosophie scolastique. Elle est aussi créatrice généreuse de formes et de récits. Elle a même d’autant plus vocation à s’incarner sous les espèces de la littérature qu’elle n’est plus langue naturelle. Dès lors, elle peut cultiver en toute liberté les effets du « second degré » et entretenir un dialogue fécond et souvent plein d’esprit, tantôt drôle tantôt sérieux, avec l’œuvre des grands anciens, Virgile ou Ovide, et les témoins les plus brillants des jeunes littératures vernaculaires, poèmes des troubadours ou Roman de Renart. Voilà les jeux de paroles et de sens que l’on s’efforce d’illustrer ici d’exemples variés.

 Cette recension a été publiée dans le Bulletin de liaison n°22 (2024) de la SEMEN-L (p. 48).

La Bibliothèque de l’abbaye de Clairvaux du XIIe au XVIIIe siècle, Tome II, manuscrits conservés, 4ème partie, sous la direction de Caroline Heid et Jean-Pierre Rotschild, Paris, CNRS Editions, 2024

La Bibliothèque de l’abbaye de Clairvaux du XIIe au XVIIIe siècle, Tome II, manuscrits conservés, 4ème partie, sous la direction de Caroline Heid et Jean-Pierre Rotschild, Paris, CNRS Editions, 2024, 424 p.

La bibliothèque de l’abbaye de Clairvaux fut un centre de première importance de la vie spirituelle et intellectuelle en France et en Europe au Moyen Âge. André Vernet en a édité les anciens catalogues en 1979 dans la collection « DER » (La bibliothèque de l’abbaye de Clairvaux du XIIe au XVIIIe siècle, t. I) et ses collaborateurs de la section de codicologie de l’IRHT, Jean-Paul Bouhot et Jean-François Genest, y ont publié en 1997 les notices descriptives de plus de la moitié des mille et quelques manuscrits subsistants du catalogue de 1472 : t. II, 1re partie, Manuscrits bibliques, patristiques et théologiques. La section latine de l’IRHT a continué ce programme à partir de 2007, ayant à décrire de nombreux recueils de pièces multiples : florilèges, sermonnaires, collections hagiographiques, livres liturgiques. En 2021 est paru sous la direction des présents éditeurs le tome II, 3e partie, Sermons et instruments pour la prédication (prix Duchalais de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en 2023), premier publié de quatre volumes qui couvriront en outre, selon l’ordre des cotes du catalogue de 1472, d’autres manuscrits de sermons (t. II/2) ; diverses disciplines (t. II/4, ce volume) ; la liturgie (t. II/5).

147 manuscrits sont ici décrits, de droit (66), médecine (8), grammaire (12), logique (5), rhétorique (9), poésie (15), philosophie (25), usages monastiques (7). Le détail des notices est de nature à éclairer l’histoire de l’enseignement du droit à Paris et à Orléans, les traditions de gloses des textes classiques et philosophiques, la prosopographie de Clairvaux et enfin l’histoire de sa bibliothèque, en partie le produit de son scriptorium, mais aussi ensemble organisé et vivant du XIIe au XVIIIe siècle.

 Cette recension a été publiée dans le Bulletin de liaison n°22 (2024) de la SEMEN-L (p. 47-48).

Sylvie Lefèvre, La Magie du codex. Corps, folio, page, pli, cœur, Paris, Les Belles Lettres, 2023 (Claire Absil)

Sylvie Lefèvre, La Magie du codex. Corps, folio, page, pli, cœur, Paris, Les Belles Lettres, 2023, 291p. (recension originellement publiée sur le site d’Antiquité-Avenir, août 2024)

 Cette recension de Claire Absil a été publiée dans le Bulletin de liaison n°22 (2024) de la SEMEN-L (p. 46-47).

En ouvrant La Magie du codex, on s’attend à une nouvelle histoire du livre venant compléter les nombreuses études qui existent sur le sujet, telles que L’apparition du livre de Lucien Febvre (1958), l’Histoire du livre de Bruno Blasselle (1997), ou encore La main de l’auteur et l’esprit de l’imprimeur de Roger Chartier (2015). L’autrice, Sylvie Lefèvre, est d’ailleurs familière du sujet : chercheuse associée de l’Institut de Recherche et d’Histoire des Textes, elle a elle-même édité dans de prestigieuses maisons d’éditions françaises différents textes du Moyen Age, par exemple, Le Roman de Renart et textes épigones en 1998, aux éditions Gallimard, dans la Pléiade ; ou encore L’Heptaméron de Marguerite de Navarre, édité avec Nicole Cazauran, en 2013, aux éditions Champion. Or, un simple coup d’œil sur le sommaire nous révèle le véritable enjeu de l’ouvrage, centré sur la matérialité même de l’objet livre depuis son « ouverture » (p.17-61) jusqu’à son « envol » (p.247-253) après la lecture.

La Magie du codex se compose de chapitres thématiques, qui portent sur les caractéristiques de l’objet livre. L’autrice présente ainsi diverses trouvailles des copistes d’autrefois, et des imprimeurs d’aujourd’hui pour jouer avec les contraintes matérielles du livre : pages, plis, trous dans la page, reliure… Pour illustrer ses exemples, elle puise dans divers registres et diverses époques. À première vue, le tout pourrait sembler hétéroclite ; mais en réalité, à travers cet ouvrage ludique, Sylvie Lefèvre invite le lecteur à se plonger dans ceux qu’elle cite, et à se montrer attentif aux moindres détails. L’ouvrage se divise en six chapitres, « Ouvertures », « Seuils », « Plans et affichages », « Entre les pages », « La magie du pli », et « L’envol. De l’architecture à l’anatomie ». Les deux premiers chapitres, « Ouvertures » (p. 15-63) et « Seuils » (p. 65- 97), nous font progressivement entrer dans le livre. « Ouvertures », le plus technique de tous, explique quelles ont été les conséquences de l’apparition du codex, apparu progressivement au cours des Ier et IIe siècles, lors d’une « lente révolution ». Ensuite, Sylvie Lefèvre explique précisément les caractéristiques matérielles du codex ; pour éclairer son propos, elle n’hésite pas à recourir à des schémas ou à des photographies. On comprend ainsi la spécificité du codex inventé en Occident : il se distingue non seulement du volumen, mais aussi des inventions ayant eu lieu en Chine, à savoir le « livre accordéon », apparu sous la dynastie Tang (618-907), ou le « livre papillon », variante du livre codex, présentant des feuilles assemblées différemment, et apparu à la fin de la même époque et au début de la dynastie Song (907-1279). Enfin, l’autrice rend compte d’éléments qui, loin d’être anecdotiques, sont le résultat de réflexions du copiste, puis de l’éditeur actuel. En effet, dès ce premier chapitre, notre attention est attirée sur des éléments qui pourraient paraître secondaires : la pagination ; la première page d’un chapitre, toujours à droite ; la page de titre, assortie de nombreuses informations… Sylvie Lefèvre change notre regard sur ces éléments qui, d’ordinaire, n’accrochent pas le regard : ainsi, il n’y a pas toujours eu de pagination ; de même, la page de titre, qui nous paraît aujourd’hui être un passage obligé, n’existe pas dans les manuscrits occidentaux, qui commencent par l’incipit, ou par un intitulé plus ou moins long, comme « Ci commence le Roman de la Rose ». Autrefois, les informations principales apparaissaient plutôt à la fin du volume, dans le colophon, qui donnait le nom de l’auteur, le titre, l’identité du copiste et celle de son commanditaire, la date et le lieu de copie. Dans le deuxième chapitre, « Seuils », Sylvie Lefèvre évoque divers éléments signalant l’entrée dans le livre ou dans un nouveau chapitre : une gravure, une enluminure, une illustration… ou encore un texte à l’adresse du lecteur, comme dans La Fée aux miettes (1832) de Charles Nodier. Dans tous ces éléments, elle met en lumière l’emploi régulier et continu de la métaphore architecturale depuis la célèbre formule horatienne : Exegi monumentum aere perennius / Regalique situ pyramidum altius (Odes, III, 30 « J’ai achevé un monument plus durable que le bronze / plus haut que les pyramides des rois »). Le livre est alors représenté comme un monument dans lequel on entre ; la dimension architecturale peut être signalée dès le titre de l’œuvre – par exemple, La Cité des Dames de Christine de Pizan (1404-1405), ou Le Temple de Boccace de Georges Chatelain (1463-1464) – mais peut aussi apparaître de manière plus subtile, plus fine. Ainsi, dans le texte de La Fée aux miettes, pour déprécier ironiquement son ouvrage, le narrateur propose l’analogie entre son livre et un labyrinthe : il fait alors allusion à ce motif qui figurait à l’entrée ou à la sortie des livres les plus anciens, comme pour protéger les seuils du volume. Enfin, certaines enluminures désignent clairement la séparation entre le monde extérieur et le monde du livre : par exemple, dans le Livre d’heures de Marie de Bourgogne, deux enluminures font figurer, au premier plan, l’espace de la lecture, de la prière, et au second plan, l’espace représenté par le livre de prière (Vienne, ÖNB 1857, f. 14v, Livre d’heures dit de Marie de Bourgogne, Maître de Marie de Bourgogne, fin des années 1470) ; de même, un frontispice d’une édition de Strabon du XVe siècle fait voir la remise du livre en mains propres à son destinataire (Albi, Bibliothèque municipale 77, ff. 3v-4, 1459. Strabon, De Situo orbis geographia, traduction en latin par Guarino de Vérone, peintures de Giovanni Bellini et copiste padouan). Les quatre derniers chapitres prennent plutôt la forme de florilèges thématiques, éclectiques, qu’on pourra lire de manière linéaire ou bien en suivant son instinct, guidé par telle ou telle image. Tous portent sur le jeu entre le texte et la matérialité du livre. Les troisième et cinquième chapitres sont particulièrement amusants à lire : on y voit comment le copiste, ou l’auteur, réussit à créer le livre à l’image de son support. « Plans et Affichages » (p.98-145) montre comment un auteur peut tirer parti de défauts du papier. Ainsi, au siècle dernier, James Joyce conserve volontairement dans son roman Ulysse une phrase inversée, apparue parce que l’encre avait traversé la page ; un autre exemple, plus ancien, est celui d’un manuscrit unique datant du XIIIe siècle, le conte intitulé Le Roman du roi Flore et de la belle Jehanne : il y est relaté le viol de Jeanne autour d’un trou de la page. De surcroît, un passage entier peut être construit autour d’un jeu entre le texte et la matérialité du livre, comme l’ouvrage pour enfants percé en son centre, Le livre qui avait un trou (2000) ; on peut citer nombre de livres d’enfants construits sur ce procédé, par exemple, ceux qui proposent de faire bouger des personnages en leur sein, grâce à des languettes de papier. Parfois, cependant, les particularités visuelles du livre, ajoutées ou non, servent surtout d’ornementation. Ainsi, dans le Livre d’heures de Marie de Bourgogne (1477), cité plus haut, de nombreux dessins en trompe l’œil donnent une impression de volume, grâce à des motifs ajoutés en marge du texte. Comme un interlude entre les troisième et cinquième chapitres, le quatrième se focalise sur ce qui est « Entre les pages » (p.145-199). Sont alors mentionnés les objets utilisés pour marquer l’endroit où on s’est arrêté : quand on ne garde pas la page avec la main, on utilise les objets dont on dispose, un signet (parfois fixé au livre grâce à la pipe en métal le long de la reliure), un ruban, une fleur, un papier ordinaire… à défaut, on fait une « corne » ou une « oreille » à la page. Apparaissent aussi les objets insérés dans le livre, souvent pour protéger les images, dans les livres religieux et autres : des « serpentes », papiers transparents, ou des voiles en tissu. L’avant-dernier chapitre, intitulé « La Magie du pli » (p.200-243) présente divers jeux sur la forme du livre. Ce peut être un jeu sur le pli qui divise une double page ; sur la ligne qui sépare les cases d’une bande dessinée ; sur la couture du livre ; ou sur la forme même de l’ouvrage. C’est dans ce chapitre qu’est évoquée l’image qui fait la couverture du livre : le Livre d’heures à l’usage d’Amiens (Paris, BnF lat. 10536, 16,5 x 9 cm), livre en forme de cœur. Enfin, l’autrice commente aussi une illustration qui aurait échappé à un lecteur peu vigilant, dans le Camp de la place royalle (1612), où sont présentés dans une double page les portraits de deux souverains destinés à s’unir : à gauche, Louis XIII, et à droite, Anne d’Autriche, infante d’Espagne. Ainsi, fermer le livre, c’est reproduire leur embrassade ! Le livre s’achète sur une note poétique, avec le thème de « L’envol. De l’architecture à l’anatomie » (p.244-253). Surgissent, tour à tour, des livres personnifiés, voire humanisés. On y découvre Ovide faisant ses adieux à son livre dans les Tristes (I,1), ou encore le livre du Champion des dames de Martin Le Franc (1442), se plaignant des blessures que lui ont causées des courtisans du duc de Bourgogne ; ou enfin Cent mille milliards de poèmes de Queneau (1961), dont les dizaines de languettes se dressent comme des cheveux à l’ouverture du livre ; ainsi émancipé, le livre peut alors prendre lui-même son envol, à l’instar de la colombe-livre qui fait l’affiche du 32e salon du Livre de 2012. À la suite de l’autrice, on peut s’exclamer : « Scripta volant, verba manent » !

Claire Absil

 Cette recension de Claire Absil a été publiée dans le Bulletin de liaison n°22 (2024) de la SEMEN-L (p. 46-47).